les vertus de l'echec

 

Il est des victoires qui ne se remportent qu’en perdant des batailles, énoncé paradoxal mais qui, contient quelque chose du secret de l’existence humaine.

En effet l’échec nous offre la chance de nous rendre à l’évidence qu’il y a bien quelque chose qui s’appelle le réel. Difficile de le nier lorsque nous sommes battus, avons fait de notre mieux mais avons échoué quand même. Et dans ce réel il y a les choses qui dépendent de nous, et celle qui ne dépendent pas.

Il y a des échecs qui nous rendent plus combatifs, ceux qui nous rendent plus sages, et puis il y a ceux qui nous rendent simplement disponibles pour autre chose.

Dans son livres Charles Pépin nous relate les histoires de ces “Grands” Michael Jordan, Rafael Nadal, Agassi, J.K Rolling, Steve Jobs… qui avaient été éveillés par leur échec, quand d’autre avaient été endormis par leur succès. Un échec accepté peut se révéler plus profitable qu’une absence d’échec.

« Hâtons nous donc d’échouer car alors nous rencontrons le réel plus encore que le succès »

Ce que j’ai retenu du livre:

  1. Mentalité USA: le «Fast fail » Vs. Mentalité française: le «Fast track ».
  2. Même éprouver au coeur de l’échec, certains trouvent la force persistante de leur désir: « J’ ai échoué encore et encore dans ma vie. Et c’est pour ça que j’ ai réussi »: Michael Jordan
  3. L’échec nous rend plus fort, plus humble.
  4. Une décision est toujours audacieuse, elle implique par définition la possibilité de l’échec.
  5. Rencontre avec le réel: comprendre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous.

I).   Mentalité USA: le «Fast fail » Vs Mentalité française: le «Fast track ».

Les théoriciens de la Silicone Valley vantent le « fail fast »,  traduit par: échouer rapidement, et même le « fail fast, learn fast » pour souligner le caractère vertueux de ces échecs rencontrés tôt.

les vertus de l'échec
Ils montrent que les entrepreneurs ayant échoué tôt, et ayant su tirer rapidement des enseignements des ces échecs réussissent mieux, et surtout plus vite que ceux qui connaissent pas d’échec au début.
« Ils avaient été éveillés par leur échec, quand d’autre avaient été endormis par leur succès. Un échec accepté peut se révéler plus profitable qu’une absence d échec. »
Mieux vaut un échec rapide, qui sera rapidement rectifié, que pas d échec du tout.

En France, la mentalité est de se “caser rapidement”, il est même important de réussir vite, et de se placer le plus tôt possible sur les rails (tracks) du succès. C’est cette version  française de concevoir la réussite qui est visée. Nous sommes en effet malade de cette idéologie du « Fast track ».
Nous accordons trop d’importance aux diplômes qui viennent sanctionner le triomphe de l’expérience. Nous comprenons ce qui manque à tous ces bons élèves, sérieux et réguliers qui débarquent sur le marché du travail sans avoir trébuché. Qu’ont ils appris en se contentant de suivre la norme? Ne leur manque t-il pas ce sens du rebond, cette réactivité si décisive dans notre monde en mutation.

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Mieux vaut échouer vite et se poser les vraies questions que réussir sans comprendre pourquoi, les succès seront encore plus rapide.
Les succès sont agréable mais ils sont souvent moins riches d’enseignement  « la vie est une expérience plus on fait d’expérience -, mieux, c’est »

“Avoir échoué en France, c’est être coupable. Aux Usa, c’est être audacieux.”

II). Même éprouver au coeur de l’échec, certains trouvent la force persistante de leur désir: « J’ ai échoué encore et encore dans ma vie. Et c’est pour ça que j’ ai réussi » Michael Jordan

 

Trop souvent, nous voyons l’échec comme une porte qui se ferme. Et si c’était aussi une fenêtre qui s’ouvre?les vertus de l'echec
C’est le sens étymologique du mot crise, qui vient du grec « Kairos » signifiant « signe ». Dans la crise deux  éléments se séparent créant une ouverture, un espace dans lequel il va devenir possible de lire quelque chose. Les grecs utilisaient « Kairos » pour désigner ce moment ou le réel se révèle à nous, pouvant se traduire par occasion favorable. Une crise n’est pas davantage une fin qu’un commencement. Elle est toujours un basculement.

Au fond, nos échecs sont autant de tests pour notre désir. Nous pouvons en profiter pour nous interroger sur nos aspirations, comprendre par exemple que nous avons échoué parce que nous ne tenions pas vraiment à ce que nous poursuivons ou au contraire, éprouver au coeur de l’échec on trouve la force persistante de notre désir.
Mesurer combien tel désir est la grande affaire de notre vie. La force de vie devient alors inséparable de l’adversité. L’échec est le contraire de la réussite, mais c’est un contraire dont la réussite a besoin. Nous avons l’impression que Lincoln, Charles De Gaulle, Nelson Mandela, J.K Rolling… ont eu besoin de leurs échecs pour prendre pleine mesure de la force de vie. Ce n’est pas simplement que leur élan de vie a été plus fort que l’adversité: c’est qu’ils s’en sont nourris.

Michael Jordan  a dit  « j’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’ a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et je l’ai manqué. J’ ai échoué encore et encore dans ma vie. Et c’est pour ça que j’ ai réussi » il sait qu’il devenu Michael Jordan en s’affirmant dans l’adversité.

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III). L’échec nous rend plus fort, plus humble.

La leçon que nous offre l’échec est l’occasion de mesurer nos limites. En effet notre égocentrisme  ou notre illusion de toute puissance nous éloignent de cette prise de conscience.
Ce retour à l’humilité, accompagné par un sentiment d’échec parfois douloureux est souvent le point de départ d’une nouvelle aventure créative peut être plus modeste, puis progressive, mais qui pourra déboucher sur une oeuvre de qualité.

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La créativité entretient une relation bien plus privilégié avec l’humilité qu’avec l’orgueil, avec les limites qu’avec le sentiment de toute puissance. Steve Job ne commettra plus l’erreur de penser qu’on peut avoir raison seul. Il comprendra qu’avoir raison trop tôt en termes de marché, c’est avoir tort.
L’ échec nous rend plus fort, plus humble. L’humilité nous rend sage, et c’est cette sagesse qui peut nous faire gagner peu importe, finalement, le nombre de fois que nous tombons, tant que nous nous relevons une fois de plus, tant que nous nous relevons plus sages.

IV). Une décision est toujours audacieuse elle implique par définition la possibilité de l’échec.

Une décision exige au delà des arguments rationnels, une confiance en son intuition. C’est précisément lorsque le savoir ne suffit pas que nous devons décider du latin « decisio »: action de trancher.
Une décision est toujours audacieuse, elle implique par définition la possibilité de l’échec.

« Deviens ce que tu es » disait  Zrathoustra en tentant  de faire sortir les hommes de leur léthargie conformiste. « Deviens ce que tu es »: ose devenir toi même, assume ta singularité au coeur de cette société qui, par définition, valorise les règles.

Il n’est pas surprenant que tu aies peur, la société, pour fonctionner, exige une soumission aux normes. Freud l’a écrit dans son livre « malaise dans la civilisation » un petit livre explosif publié en 1929: ce qui est bon pour la société n’est pas ce qui est bon pour l’individu. D’ou la difficulté à «devenir soi », et la peur qui nous saisit au seuil de l’audace.

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Il n’y a pas de risque plus grand que de ne pas essayer, et de voir venir la mort sans savoir qui l’ont est. « Deviens ce que tu es « personne ne le fera pour toi. Essaie au moins, car même si tu échoues, tu auras réussis, tu échoueras d’une manière qui te ressemble.

Pour réussir à oser, il ne faut pas être trop perfectionniste. Ne pas avoir peur d’y aller, et ne pas se persuader qu’on n’est pas prêt. Retiens que l’action, et seule l’action libère de la peur.
Dans une vision audacieuse, le savoir doit être présenté dés le début comme ce qui aspire à être dépassé, tes connaissances comme ce qui délimite ta zone de confort dont il faudra en sortir. Une vie réussie est alors une vie questionnée.

Les vertus de l'échec

La condition de l’audace: avoir de l’expérience, accroitre sa compétence, maitriser sa zone de confort pour oser en sortir, et faire « le pas de plus »
L’audace est une conquête: on ne nait pas audacieux on le devient

V). Comprendre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas

Charles Pépin nous raconte qu’il a rencontré certains entrepreneurs dont l’attitude l’a impressionné,« dans des situations tendues, à l’heure des décisions difficiles, ils m’ont étonné par leur sérénité, leur manière enjouée d’accomplir leurs taches. Chaque fois ils s’agissait d’entrepreneur qui avaient fait faillite ou déposé le bilan. Dans ce qu’ils avaient enduré, ils avaient trouvé la force de relativiser. Tant d’autres, qui n’ont pas connu l’échec, vivent leur quotidien dans l’angoisse et la pression, en étant parfois odieux avec leurs collaborateurs. »

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Si les échecs peuvent donner un gout particulier aux succès qui les suivent, ils ont aussi le pouvoir de radicalement modifier leur manière d’être . Au lieu de s’agiter en tous sens sans prendre en compte les forces en présence, ils ont appris à accepter tout de suite ce qui ne dépend pas d’eux pour mieux se concentrer sur le reste.

 

Les vertus de l’échec de Charles pépin