Economie et société,  Santé

Printemps silencieux

printemps silencieux-RachelCarson

 

Les chiffres effrayants de 500 nouveaux produits chimiques  créés par an, sont totalement étrangers à l’expérience biologique. L’homme, l’animal et la végétation doivent s’y adapter tant bien que mal chaque année! L’homme moderne, depuis les années 1940, est en « guerre » contre la nature – tuer les insectes, les mauvaises herbes, les rongeurs dans le jargon les  « nuisibles ». Ce sont des produits non sélectifs qui tuent aussi bien les « bon » insectes que les « mauvais »et éteignent au printemps le chant des oiseaux, l’élan des poissons… Depuis que le DDT a été homologué par l’usage civil, le problème crucial de notre époque est donc la contamination de notre environnent par des substances d’une incroyable nocivité. Des produits qui s’accumulent dans les tissus des plantes, des animaux qui pénètrent jusqu’ aux cellules reproductives. Le livre printemps silencieux écrit en 1960, est le véritable premier cri « écologique » contre l’utilisation de pesticides.Rachel Carson  biologiste accuse l’industrie de pratiquer la désinformation et blâme le gouvernement d’accepter « la modernité » avec insouciance. Allons-nous, au nom du progrès, accepter d’être victime de nos diaboliques insecticides?

« Les valeurs esthétiques de la nature sauvage, appartiennent à notre héritage »

printemps-silencieux-rachel-carsonIl a fallu des centaines de millions d’années pour produire la vie, qui peuple la terre pour permettre aux animaux et aux végétaux d’atteindre un état harmonieux équilibré. Le milieu naturel qui modelait et orientait les choses et les êtres contenait que les éléments favorable à la vie, à condition d’en avoir le temps, un temps qui se compte en millénaires- la vie s’adapte, et un équilibre s’est maintenant établi- car le temps est l’ ingrédient essentiel; mais dans  le monde moderne, il n’ y a pas de temps. La rapidité actuelle des changements, la vitesse à laquelle se créent des situations nouvelles correspondent plus au pas de l’homme impétueux et irréfléchi, qu’à l’allure pondérée de la nature. Tout au long de l’agriculture pré-moderne, les insectes et les herbes ne posaient quasiment pas de problèmes aux paysans. Ils  peuplaient la terre bien avant l’apparition de l’homme. Les problèmes sont une conséquence du monde moderne. Les ennuis sont apparus avec l’intensification de l’agriculture, lorsque l’on a commencé à consacrer d’immenses superficies à une seule récolte. C’est ce système qui a créé les conditions favorables à la multiplication explosive de centaines d’espèces d’insectes. La monoculture ne tire pas profit des principes dont la nature fonctionne. La nature introduit une grande variété dans les paysages mais l’homme a développé une passion à la réduire. Un insecte qui se nourrit que de blé, peut étendre sa population à des niveaux plus élevés dans une ferme qui ne produit que du blé que dans une propriété où le blé est mélangé à des récoltes auxquelles l’insecte n’est pas adapté. L’insecte ne se serait pas reproduit aussi vite, si les cultures avaient été mélangé parmi d’autre.

 Une avalanche de produits insecticides de synthèse

printemps-silencieux-agriculture-rachel-carsonLa grande originalité des insecticides de synthèse, par comparaison avec les braves insecticides d’avant guerre (dérivés de minéraux naturel : le cuivre, le zinc, le manganèse ou de produits végétaux), est l’importance de leur action biologique. Non seulement ils intoxiquent, mais ils pénètrent jusque dans les plus intimes cellules du corps vivants, où ils apportent le trouble souvent la mort. C’est ainsi qu’ils détruisent les enzymes, essentiels aux muscles cardiaque, qu’ils bloquent les processus d’oxydation dont les être tirent leur énergie, qu’ils interrompent le fonctionnement de divers organes, et peuvent déclencher en certaines cellules de lentes évolutions irréversibles qui conduisent à la mort. Le DDT (dichloro-diphényl-trichloroéthane) a été constitué par synthèse en 1874 par un chimiste allemand, mais ses propriétés insecticides n’ont été remarquées qu’en 1939. Le DDT a été considéré comme le produit miracle, qui permettait d’enrayer les épidémies propagées par les insectes. Le DDT lorsqu’ il est dissous dans de l’huile, cas fréquent, devient fortement toxique.  Lorsqu’ il pénètre le corps, il s’emmagasine de préférence dans les tissus gras, tels que les capsules surrénales, les testicules, la thyroïde, parce qu’il est soluble dans les graisses, des dépôts relativement importants se forment dans le foie, les veines et le gras qui entourent l’intestin. La plupart des aliments contiennent du DDT sous formes de résidus, les réceptacles graisseux où s’accumulent le poison, agissent comme des amplificateurs biologiques. Ces substances sont si actives qu’il suffit d’une quantité infime pour provoquer des altérations considérables dans les corps vivants. Des expériences sur des animaux ont montré que 3 parts par million annulaient l’effet d’un enzyme, 5 parts par million provoquaient la nécrose, la désintégration de cellules hépatiques. Les personnes qui n’ont pas été particulièrement exposées à la contamination (sinon par le régime alimentaire normal) emmagasinaient de 5,3 à 7,4 parts par million, les ouvriers agricoles 17,1, et les ouvriers de fabriques d’insecticides jusqu’ à 648! En 1950 l’administration américaine déclare « on avait très probablement sous-estimé la nocivité du DDT ». Les quantités absorbés s’accumulent de sorte qu’un animal nourri d’aliment contenant des hydrocarbures chloruré (pesticide) à 2,5 part par million finit par emmagasiner 75 part par million dans ses tissus graisseux. Tout porte à croire que ces insecticides demeurent longtemps dans le corps ou ses dépôts dorment comme la lave d un volcan en sommeil, prêts à déclencher leur nocivité en cas de détresse physiologique, lorsque le corps fera appel à ses réserves de graisse. L’insecticide est absorbé par les racines et les tubercules des plantes. Les carottes absorbent plus d’insecticides que tout autre végétal étudié. Il sera à l’avenir nécessaire d’analyser les sols des champs avant d’ensemencer certaines récoltes. Ce genre de contamination soulève des problèmes sans fin par exemple un fabricant de produits alimentaires pour bébés ne veut pas utiliser ni fruits ni légumes traités à l’insecticides seulement des patates douces cultivées en Californie 2 ans plutôt on être jetées. Les récoltes sont menacées par l’empoissonnement du sol, et le danger demeure aussi longtemps que la terre reste infectée.

Ceux qui triomphent une fois encore de la mécréance de la nature.

printemps-silencieux-Qu’il s’en souvienne ou pas, l’homme moderne ne pourrait exister sans les plantes qui captent l énergie solaire et produisent les aliments de base nécessaires à sa subsistance. Notre attitude vis à vis des plantes trahit partout l’étroitesse de nos vues. Si l’une nous parait d’une utilité nous la soignons, si telle autre nous semble indésirable ou sans intérêt nous la condamnons sur -le champ-. Les plantes entretiennent des relations avec la terre et les animaux, notre intervention peut avoir des conséquences. L’une des caractéristiques de ces produits chimiques est leur façon de passer d’un organisme à l’autre, en suivant la chaine alimentaire. Du foin contenant des résidus de 7 à8 part de DDT par million est donné à  des vaches; le lait des ces bêtes contenait  jusqu’à 3 part par million, le beurre fait avec le lait en retiendra jusqu’ a 65 ainsi par l’effet de ces transferts, une concentration relativement faible peut devenir considérable. Les produits aux 100 appellations commerciales taisent les composants qui sont souvent le mercure, l’arsenic, le chlordane… Les programmes d’exterminations de certaines plantes et insectes sont soutenu par nos gouvernements. L’industrie pétrochimique soutenue par l’état ouvre de nouveau marché lucratif. Les herbicides sont de jolie jouets neufs, ils donnent a qui les emploie l’impression de réguler la nature. Les entrepreneurs promettent de nettoyer les bords de routes  à bas prix « moins cher que du faux ». Les haies meurent sous le barrage chimique. Ces plantes ne sont de « mauvaise herbe » que pour ceux qui font argent de l’insecticide et de l’herbicide. Le monde hideux que nous laissons les techniciens nous préparer, triomphe une fois encore de la mécréance de la nature. A vouloir des cultures trop propres, à détruire des arbustes, des plantes, des arbres fruitier… à coup de produits chimiques on élimine les derniers sanctuaires des insectes pollinisateurs, on interrompt les liaisons vitales que ces animaux assuraient entre les végétaux. Ces végétaux fournissaient la nourriture aux oiseaux, elles servaient d’habitat aux abeilles et autres insectes pollinisateurs. Or l’homme dépend plus qu’il ne croit de la nature.

L’écologie

L écologie du sol a été largement négligée par les scientifiques et entièrement ignorée par des organisateurs de la lutte pesticide. Un insecticide étudié pour tuer une sorte d’insectes enfouis dans la terre détruira en même temps « les bons » insectes, occupés par exemple à la besogne essentielle qui est la réduction des matières organiques. Le poison se dépose sur les feuilles et l’écorce en un film que les pluies n’arrachent pas. A l’automne les feuilles tombent, s’accumulent sur le sol en couches humides, puis entament leur processus de transformation en humus. Les vers de terre participent à cette opération. En mangeant les feuilles, ils absorbent l’insecticide qui s’ emmagasine et se concentre en eux. Certains vers en meurent mais d’autres survivent et deviennent des concentrés de poison. (Le DDT est trouvé tout le long des voie digestives, dans les veines, les nerfs et l’enveloppe) au printemps les oiseaux qui reviennent les mangent, et le drame est consommé. Onze gros vers contiennent assez de poison pour tuer un rouge-gorge, et 11 vers, ce n’est rien pour un oiseau qui peut en absorber une douzaine en autant de minutes. Le toxique ne tue pas seulement, mais il a une autre conséquence, qui menace d’extinction la race entière : c’est la stérilité. Des analyses ont montré de forte concentration de DDT dans les testicules et les ovaires des parents oiseaux.

L’homme moderne a oublié ses origines, mère nature

De toutes les ressources naturelles, l’eau est devenue la plus précieuse. A une époque où l’homme a oublié ses origines et s’est même rendu aveugle aux facteurs les plus  essentielle de sa survie, l’eau comme bien d’autres ressources est devenue victime de son indifférence. La légende selon laquelle les herbicides ne sont toxique que pour les plantes et ne menacent pas la vie animale a été largement répandue. Versés dans les lacs et les réservoirs pour détruire la végétation aquatique. La pollution de nos eaux est souvent invisible, et passe inaperçue, il faut la mort de centaines ou de milliers de poissons pour que l’on remarque. On ne peut plus déverser de l’insecticide dans l’eau où que ce soit sans menacer la pureté des eaux partout. La nature ignore le compartimentage et n’a pas  de cloisons étanches entre les sources d’eaux qu’elle a distribuée sur la terre. La pluie tombe sur le sol ; elle y pénètre par tous les pores, toutes les fissures. On comprend donc qu’une pollution des nappes profondes ferait courir la menace d’une contamination générale des eaux. Avec la contamination des eaux souterraines et superficielles, il se peut que les canalisations d’eau potable soient envahies non seulement de toxiques mais de substances cancérigènes. On a remarqué que la mortalité due au cancer était plus importante dans les villes alimentées en eau potable par de rivières que celles où l’eau de boisson provenait de sources moins sujettes à pollution les puits par exemple.

 

Pour la première  fois dans l’histoire du monde, tous les êtres sont maintenant en contact avec des produits chimiques depuis la conception jusqu’ à la mort. On en a décelé de partout, on en trouve dans les sols ou dans le corps de poissons, des oiseaux, des reptiles, des animaux domestiques et sauvages à tel point que les laboratoires n’ arrivent plus à trouver des bêtes exempts de toxique pour leurs études. Nous laissons une pluie de produits chimiques se répandre partout comme s’il n’y avait pas d’autres méthodes. Sommes nous donc hypnotisés au point d’accepter le médiocre et le nocif comme si nous avions perdu la force pour exiger le bon ? Si nous sommes condamnés à vivre dans l’intimité de ces produits ; les mangeant, les buvant, les emmagasinant dans la moelle de nos os autant nous renseigner sur eux.

 

Site du ministère de l’agriculture sur la listes des pesticides Listes de produits pesticides susceptibles de contenir des substances perturbatrices endocriniennes: agriculture.gouv.fr

Pour compléter votre lecture sur les produits chimiques: le résumé du livre du plomb dans votre rouge à lèvres

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