Libérez votre cerveau - Idriss Aberkane

 

Idriss Aberkane est un « humaniste neuronal », il explique dans son livre les dérives de la société moderne avec ses conséquences sur la nouvelle condition humaine : « de la chair à économie, une commodité dépossédée de sa raison d’être, a qui l’ont fait se sentir coupable de vouloir reprendre son cerveau et son destin en main et que l’on punit de ne pas être à conforme ». Le génie, d’Idriss Aberkane, est qu’il a su parfaitement vulgariser son savoir en tant que neuro-scientifique.

Ce que j’ai retenu de son livre

  • L’etre humain utile au système 
  • L’économie de la connaissance est plus vieille que notre système d’éducation.
  • La neuro-ergonomie pour prendre le controle de son cerveau
  • La connaissance de soi passe par la spiritualité et la science 

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L’etre humain utile au système 

Notre éducation a contribué à l’appauvrissement de la diversité mentale. A l’école nous sommes notés sur ce qui nous manque et pas sur ce que nous savons. Une copie corrigée en rouge relève de ce qui nous manque, pas ce que nous avons assimilés. Notre société est fondée sur ce modèle, celui du manque plutôt que celui de la plénitude, de l’insatisfaction permanente plutôt que de la satisfaction simple. Nous sommes pièges dans une civilisation de la note, des étiquettes et des classements. Nous sommes conditionnés à réagir aux étiquettes qui ne sont que des ombres déformées de la réalité.

Nous sommes incapables d’évaluer la qualité des choses, alors nous nous évaluons par des quantités, des notes …même quand elles sont fausses ou hors sujet. La note a détruit la créativité et a encouragé la conformité. L’école imposée est celle de l’utilité économique. L’enseignement a du se conformer à l’industrie, pour cette économie à qui il faut des pièces conformes. L’école a troqué l’émerveillement contre la conformité alors que l’émerveillement est le moteur de l’apprentissage.

La conformité a envahit notre pensée, nos diplômes, nos actions, nos notes, nos intentions. Se conformer à une chose créer par les humains, l’homme se perd, il devient esclave. Nous sommes en faillite de l’épanouissement, cela n’est pas le but de l’école avec son programme vieux de deux siècles. Nous ne réalisons pas à quel point notre cognition est encombrée par le  conditionnement et par des pensées parasites.

Notre système éducatif relève du gavage, il y a un programme à avaler « qu’obtenons-nous, à gaver des oies ? Du foie gras. Alors qu’espérons-nous obtenir en gavant des élèves ? Du cerveau gras un cerveau conditionnée, dépendant et conforme » « Issue de la révolution industrielle notre éducation est centrée sur la pensée usine sa vertu est la conformité. Pas la créativité, pas le caractère, pas l’amour du savoir, pas l’épanouissement, la conformité avant tout ! »

 L’économie de la connaissance est plus ancienne que notre système d’éducation

L’école que nous appelons « traditionnelle » n’a rien de traditionnelle,  elle est industriel. Elle n’a pas plus de dix générations, sur une humanité qui en a couvert plus 8000 et qui ne l’a pas attendue pour faire circuler le savoir. Socrate, Platon, Confucius n’enseignaient pas comme on le fait maintenant.

L’économie de la connaissance est la plus ancienne des économies. L’être humain échangeait des connaissances bien avant d’échanger des outils, des biens… L’intérêt de l’économie de la connaissance c’est que le savoir est infini et que le monde matériel est fini, Soudoplatoff a dit « quand on partage un bien matériel on le divise, quand on partage un bien immatériel on le multiplie ».

A l’école échanger des savoirs, c’est tricher alors que dans la vraie vie c’est coopérer. Notre éducation est loin d’être sacré alors qu’elle touche à quelque chose de sacré notre cerveau. La nature est bien plus sophistiquée que nos modes de sélection rudimentaires, politiquement biaisés et intellectuellement naïfs. Il ne faut pas forcer la nature à ressembler à nos idées mais grandir nos idées pour qu’elles ressemblent à la nature, qui est beaucoup plus riche et complexe que nos clichés primitifs. Une fois que vous retirez le cadre castreur des étiquettes vous voyez le monde tel qu’il est dans sa richesse, sa beauté et sa subtilité.

Les écoles, les universités sont des fast-foods et non des restaurants gastronomiques de la connaissance, les écoles tirent notre appétit en nous infligeant des savoirs obligatoires. Le cerveau est bien plus ancien que Sandford, Harvard et Oxford, c’est à lui à donner des leçons à ces entités et non à elles de le soumettre. On peut se passer d’elles pour exceller dans la vie. Par contre l’excellence ne peut se passer d’amour. Aimer est la seule condition qui garantie une haute dépense d’attention et de temps pour un sujet qu’on apprend. La monnaie de l’économie de la connaissance c’est l’attention multiplié par le temps et que l’on maximise par la volonté de dépenser quand on aime. Le pouvoir d’achat du savoir c’est payer de l’attention multiplié par du temps « la connaissance échangée est proportionnelle à l’attention multiplié par le temps »

La neuro-ergonomie pour prendre le controle de son cerveau

La neuro-ergonomie  est l’art de tirer les meilleures performances du cerveau. Prendre conscience que nous avons un cerveau, qu’il a une forme, comme nos mains, notre dos et que certains travaux lourds et répétitifs peuvent nous causer “une hernie discale”… Certaines pratiques mentales, certains environnements et certaines pressions peuvent l’endommager aussi.

N’ importe qui sur terre doit refuser qu’on lui torde le cerveau, car c’est un droit humain, sacré et fondamentale. En tordant le cerveau des gens, nos systèmes ont produit des infirmes. Leurs infirmités est insidieuse, parfois déguisée en vertu. Les gens aux nerfs détruits peuplent aussi bien les hôpitaux que les prisons, mais ils occupent également  des postes à responsabilité et préside à notre destinée.

Il n’y a aucune création humaine à laquelle le cerveau doive se plier. S’il y a bien une chose à laquelle il a du se conformer c’est la nature. Notre corps et cerveau sont adapté à la nature. Il n’est pas adapté aux usines, aux villes il peut se conformer un temps mais jamais se soumettre à vie. Il n’ existe pas de meilleur ergonome que la nature.

En brûlant la nature l’homme brûle -La bibliothèque- Le savoir. Il  brule ce qu’il pourrait comprendre demain. Aujourd’hui nous brulons  notre nature extérieure et notre nature intérieure : notre chair et notre cerveau que l’on sacrifie au nouveau industrie.

La connaissance de soi à travers la science et la spiritualité

Si notre civilisation n’enseigne pas la connaissance de soi, c’est que cette connaissance est subversive « le sage, c’est celui qui n’a besoin d’aucun système ». On donne des cours de philosophie en dernière année de scolarité pour mentionner un peu de philosophie fossilisée sur laquelle les élèves dissertent sans la pratiquer. On donne des cours de l’histoire de la philosophie mais en aucun cas on n’enseigne l’amour de la sagesse, sa quête inconditionnelle.

Il est étrange de constater que  notre civilisation  se détourne à produire l’instrument de son propre dépassement: la sagesse. Alors qu’elle produit l’instrument de sa propre ruine :La science sans conscience, glorifiant le matérialisme  comme la plus grande des vertus « le savant sait résoudre des problèmes que le sage n’avait jamais eus ».

Il n’est pas question de faire rivaliser spiritualité et science car l’humain n’est pas tout de raison et de science : il est de conscience, et la conscience est plus vaste que la science. Opposer science et conscience ou science et spiritualité, c’est opposé des modules fondamentaux de notre être, et susciter en nous une guerre civile dont ne sortirons pas gagnants. Opposer science et spiritualité reviendrait à opposer nos deux mains, qui sont censées travailler ensemble, le proverbe Soufi résume bien cela « Le pire des sages est visiteurs des princes, mais le meilleur des princes est visiteur des sages ».

C’est au pouvoir de s’incliner devant la sagesse, pas l’inverse.

 

Le livre libérez votre cerveau! est doté d’un vrai sens pédagogique, jamais ennuyeux et accessible à tous avec des comparaisons éclairantes. Ce livre est indispensable à tous ceux qui veulent et doivent sortir d’un système qui nous dessert plus qu’il nous sert .L’éducation, au lieu d’être définie par rapport à l épanouissement de l’enfant, est déterminée par l’idéologie d’une société qui doit fabriquer un être humain utile au système. Idéologie purement marchande ou plutôt monétariste. L’éducation doit révéler l’enfant dans sa spécificité, et non en faire un être standard. Privé de la possibilité d’explorer ses aptitudes, l’enfant est comme spolié de son autonomie, de ses talents, et cela le maintien dans la dépendance du système tout entier. Il faut désormais valoriser les capacités humaines. Celles de notre cerveau, de notre cœur et de notre esprit et développer notre rapport à la nature. Sinon l’adulte de demain risque de se trouver désemparé par apport à l’évolution d’une société dans laquelle ce qu’on a si longtemps négligé deviendra indispensable.

Libérez votre cerveau 

 

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