La nourriture est, de nos jours, consommée avec trop peu de soin. Nous mangeons à l’excès et davantage par habitude que par besoin. C’est le manque de sensations qui nous pousse à consommer plus pour obtenir du plaisir. La cuisine industrielle contient très peu d’ingrédients sains et trop de composants à flatter nos papilles (matières grasses, sucres, parfums artificiels…). Le but premier de la nourriture est de préserver la santé, bien se nourrir, c’ est dans une certaine mesure, se soigner. Dès l’ antiquité, Hippocrate affirmait: « que ta nourriture soit ta médecine, et ta médecine, ta nourriture ».  Une bonne alimentation est la condition sine qua non  d’une vie équilibré et harmonieuse.

I) La Frugalité est contraire au rythme de vie actuel.

Nul n’ignore que la plupart de nos maux proviennent bien souvent, d’un manque croissant de repères personnels quant à ce que nous choisissons de mettre dans nos têtes, nos cœurs ou nos estomacs. Trop de gens ressentent un vide dans leur vie et portent un fardeau en se noyant dans un flot d’activités et de plaisirs aussi superficiels qu’éphémères. Nous nous sommes trop éloignés de la modération et de la retenue depuis que nous avons la chance de vivre à une époque ou la nourriture est à notre disposition partout et quand nous la réclamons. Il y a 50 ans tout était petit : couverts, assiettes, verres. Le sandwich anglais mesurait moins de la moitié de ceux que l’on trouve aujourd’hui; des grands sandwiches dégoulinants de mayonnaise impossible à avaler sans en mettre partout. Autrefois une banane constituait le goûter des enfants. De nos jours, un repas Big Mac, un sandwich, une cannette, une part de flan… sont des portions  considérées normales. Nous déléguons ainsi l’arbitrage de nos besoins à des industriels de l’alimentaire qui n’ont pas le moindre souci de  notre estomac. Nous consommons, sans réfléchir, presque satisfait de n’avoir mangé « une » seule part. Qui a décrété la taille d’un biscuit ou celle d’un croissant? Tout ce que l’industriel alimentaire cherche à faire : ses propres profits. Les portions ont augmenté de 2 à 5 fois plus, en augmentant la taille des portions ils donnent l’impression aux clients qu’ils en ont pour leur argent. Les caddies des supermarchés sont de plus en plus volumineux, la taille de nos réfrigérateurs s’y conforme… Dans notre société occidentale, les grandes portions sont comme une drogue or la faim augmente naturellement en présence de davantage de nourriture.

II). Apprendre à développer ses sens.

Que se soit de la musique, de la poésie, un moment passé à contempler le ciel, de beaux légumes, des fruits, c’est tout ce que nous mettons dans notre corps, notre esprit et notre cœur qui nous nourrit. De tous les arts la cuisine est le seul qui fasse simultanément appel aux cinq sens. L’humain ne possède rien, si ce n’est l’usage de son corps et celui-ci peut lui procurer beaucoup de plaisir. Il est facile d’améliorer la qualité de sa vie simplement en éduquant ses sens. Avec un corps trop peu entrainé, un œil insensible, une oreille non musicale, un palais grossier et des sens sous développés, la vie à moins de piquant, elle est triste. De moins en moins de personne cuisinent de nos jours, sous prétexte qu’elles manquent de temps, elles ne réalisent pas que c’est le vrai sens de la vie qui leur file entre les doigts. La cuisine est au « cœur » de nos foyers  et c’est dans ce lieu ci, où se déroule notre activité la plus vitale. Ironiquement plus les cuisines sont équipées moins on y cuisine. De nos jours l’art culinaire est devenu une mode, une autre forme de boulimie (plaisir, bonheur, exotisme dépaysement….), avec tous ces livres de cuisines aux photos séduisantes qui nous murmure « changez, essayez, achetez ! »,on assiste à une tendance de cosmétique culinaire. Nos grand-mères n’avaient pas de livre de cuisine. Elles savaient tout simplement cuisiner et utilisaient ce qu’elles trouvaient au fil des saisons. Avec  Seulement  leur bon sens et le savoir qu’elles avaient reçus de leurs aïeuls, « Ce n’est pas d’apprendre mais pratiquer qui importe » (dicton japonais). Nous devons toujours exécuter avec plaisir ce que nous entreprenons si nous voulons en tirer profit. Cuisiner avec son cœur, être complètement absorbée par cette activité peut devenir une sorte de liturgie. Faire de l’acte de cuisiner un moment de détente sans contrainte, ni sentiments du devoir, sans calculs non plus. La cuisine est vraiment un art qui invite au dépassement de soi. Ce sont ces gestes incontournables et millénaires qui nous rappellent que c’est peut être cela vivre.

III) Un esprit sain dans un corps sain.

La cuisine est vraiment cet art qui invite au dépassement de soi. Cuisiner c’est prendre soin de sa santé en préparant ce qu’on aime et ce dont notre organisme à besoin. Préparer soi même ce qui va nous nourrir est essentiel à notre équilibre non seulement physique mais aussi mental. Les unités proposées par la nature sont parfaites : un œuf, une pomme de terre, une pomme… Pour manger peu, le seul impératif est de manger avec plaisir. Manger avec plaisir c’est prendre son temps. Faire des repas miniature, consommer des portions menues, telle qu’en servent les grands restaurants, est à la portée de tous. On les déguste d’autant mieux, lentement, bouchée par bouchée. C’est cette lenteur à déguster le minimum nécessaire qui « remplit », et nous aident à renouer avec nous même. Les repas bâclés, pris dans la hâte, et dans le bruit n’apporte que confusion. Malheureusement la vie nous écarte de plus en plus de nos aspirations spirituelles. Les soucis, les contraintes, le travail nous plongent excessivement dans le monde matériel. La vie nous parait alors lourde à porter. Elle l’est lorsque les obligations prennent le dessus sur nos espoirs, notre idéal, notre soif d’exister. Dire des grâces avant le repas. C’est prendre conscience de l’abondance dont nous jouissons. Ces paroles confèrent une pause par rapport aux activités qui précédent et à celle qui vont suivre. Le repas prend une valeur de reconnaissance. Manger est donc plus qu’une fonction corporelle une fonction appartenant au domaine du sacré.

 

Relativement peu de choses suffissent à satisfaire nos besoins, contrairement au principe de notre société. La frugalité c’est réduire l’influence négatif produit par les industriels de l’alimentaire qui nous exhorte sans cesse à consommer. Avoir conscience que la modération est un moyen pour  nous libérer. C’est parce que nous n’avons pas conscience de nous faire plaisir en savourant la nourriture que nous en abusons. Manger avec volupté, apprendre que c’est dans les choses simples que se trouve le plaisir. Frugalité et volupté sont cet espace méditatif du corps et de l esprit.